Roussel Mickaël Christian  - Bienvenue sur mon site Internet !
Vœux du nouvel an

Toute reproduction interdite.
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Témoignage de Marcel Houdart 
Jeudi 15 novembre 2018 à Nieppe
Une jeunesse dans la Résistance

Natif de Nœux-les-Mines, Marcel Houdart était de passage ce jeudi 15 novembre 2018 à Nieppe à la salle Line-Rinaud. L'ancien résistant-déporté a raconté son histoire aux élèves de troisième du collège Jeanne-de-Constantinople. Une leçon de mémoire qui leur restera gravée pour toujours… 

Marcel Houdart (94 ans) a survécu à l'enfer concentrationnaire.

Marcel Houdart voit le jour le 29 juin 1924 à Nœux-les-Mines. Il n'a pas encore seize ans quand la France défaite signe l'armistice en 1940. Le jeune homme travaille dans sa ville natale comme chaudronnier aux ateliers centraux des mines. Remarqué par Alexandre Dhesse, chef FTP sur le secteur d'Hersin-Coupigny et environs (fusillé à Arras le 18 juin 1944), Marcel entre dans la Résistance. Il glisse "des tracts sous les portes des habitations", sabote des pylônes électriques, répand des tripodes sur les routes… Il est arrêté au domicile des parents à Nœux-les-Mines avec son frère Jean, également résistant. Le patriote se retrouve seul à l'isolement dans une cellule à la prison de Cuincy (près de Douai). Il subit interrogatoires musclés, coups de nerf de bœuf, provocations et menaces : "Tu es un sale terroriste communiste. Tu seras fusillé"
Marcel Houdart se confie aux jeunes. "Je devais être transféré à Aix-la-Chapelle pour être guillotiné"... Le destin lui épargnera un châtiment aussi funeste. Il est déporté par le Train de Loos au départ de la gare de Tourcoing le 1er septembre 1944. "A 17 h 30, le train s'en va avec plus de 870 passagers." Le convoi prend la direction de la Belgique. Marcel certifie que plusieurs prisonniers s'évadent pendant le trajet… malgré des avertissements de représailles. Le 3 septembre, le train s'arrête à Cologne. "On nous emmène comme des guignols. Et nous dormons sur le macadam." 
7 septembre 1944. Marcel franchit le portail du camp de Sachsenhausen. Et cette devise "Arbeit macht frei" sans savoir ce que cela signifie. En fait une exploitation par le travail forcé. Sans parler des privations, brimades et humiliations en tout genre (déshabillage, mise à nu…) et les coups de matraque en caoutchouc. "Tous ont droit au goumi, notre tasse de thé." Il décrit les Kapos (prisonniers de droit commun qui secondent les SS) comme étant "des hommes pires que les chiens féroces du camp". 
Les prisonniers reçoivent des loques pour habits. "Nous sommes vêtus pauvrement." Les godasses désignent les "chaussures de déportés" que Marcel se doit de réparer, une fois la quarantaine écoulée, dans un petit atelier du camp. Et d'expliquer que "les Allemands avaient besoin de bras"
Le climat expose les déportés au froid continental. Marcel souffre bientôt d'une pleurésie. Le matricule 97726 entre alors au Revier (infirmerie) et surmonte la maladie grâce au bon vouloir de deux médecins. Mais un autre travail l'occupe à "laver la gamelle des morts". Et d'inscrire au crayon à l'encre toutes sortes de symboles : "dents en or à récupérer"… Ce qui lui vaut des rations de soupe supplémentaires. 
Au mois d'avril 1945, les Allemands évacuent le camp de Sachsenhausen. Ils sont plusieurs à accomplir à pied les "marches de la mort" sur des dizaines de kilomètres vers la mer Baltique. Tels des fugitifs en perdition avec pour seule nourriture des orties et pissenlits. "Le jour du 8 mai 1945, on entend les canons. Nos gardiens nous arrêtent dans un bois…" Libres mais au prix de continuelles souffrances. Marcel est laissé pour mort dans un fossé. Avant de reprendre connaissance à moitié vivant. Il ne pèse que 33 kilos tout au plus ! Son retour en France tient presque du miracle… Aujourd'hui, le rescapé essaye de "vivre comme un garçon de vingt ans". Comme à l'époque de sa jeunesse quand il était résistant…
Texte et photographie, Mickaël Roussel. Novembre 2018      
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Autour du centenaire 1914-1918
Commémoration du 11 novembre à Lespesses
Un lâcher de ballons tricolores pour célébrer la paix dans le monde
L'heure était au recueillement ce dimanche 11 novembre 2018 dans le village de Lespesses. Pour marquer tous les esprits et âmes pacifiques en cette fin de centenaire de la guerre de 1914-1918, rien de tel que de célébrer la paix entre toutes les nations... Au programme : messe en l'église Saint-Martin suivie de la cérémonie au pied du monument aux morts.
La chorale Saint-Benoît emmenée par Jean Guillemant a renoué avec la chanson traditionnelle. Sous un air de La Madelon. Paraît-il que chacun lui raconte une histoire ! En couronnement de la cérémonie, un lâcher de pigeons puis de ballons a ravi petits et grands. Il y en avait de toutes les couleurs dans le ciel... Du bleu, du blanc et du rouge.   
Le maire Arnaud Picque a au passage "souhaité porté la parole des Poilus" au-delà des chiffres révélateurs d'une "terrible tragédie" : 1.400.000 victimes du côté français dont un quart de jeunes... Une jeunesse dans la fleur de l'âge fauchée par la guerre mais qui ne doit pas nous faire oublier leur sacrifice pour un monde meilleur.


Enfants de Lespesses morts pour la Patrie en 1914-1918 :
- Amand Hochard
- Victor Bultel
- Célestin Cléry
- Paul François Joseph Boulet (1892-1914)
- Albert Foulon
- Oscar Delelis
- Abel Laridan
- Eugène Laridan
- Charles Toubois
- Marius Bultel
- Paul Filbien
- Maurice Papeleu
- Aristide Hochard
- Maurice Toubois
- Emile Douay
- Hippolyte Boulet
- Hector Roger
- Alphonse Douay
- Aristide Foulon
- Jacob Barbier
- Henri Poubel
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Hommage à Paul Joseph Jules Boulet (1894-1945)
Mercredi 7 novembre 2018, cimetière de Lières

Hommage au cimetière de Lières à Paul Joseph Jules Boulet, né le
18 juin 1894 à Lespesses, soldat de la Grande Guerre, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, déporté du Train de Loos, décédé au camp de Dachau le 22 avril 1945. "Mort pour la France". 
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Commémoration du départ du Train de Loos
Cimetière Gustave-Delory, Loos
Samedi 1er septembre 2018

Tragédie du Train de Loos : "A nous de tirer les leçons d'Histoire"          Anne Voituriez, maire de Loos

Les événements de la Libération en septembre 1944 n'auront pas empêché le départ du Train de Loos depuis la gare de Tourcoing en ce premier jour du même mois. A son bord, 871 hommes dont une majorité de résistants. Un voyage sans retour pour beaucoup d'entre eux vers les camps allemands. Moins de 300 survivants rentreront en France en 1945...
La célébration du 74e anniversaire a rassemblé ce samedi 1er septembre 2018 au cimetière paysager une foule nombreuse venue saluer la mémoire des passagers du dernier convoi de déportation non raciale lors de la Seconde Guerre mondiale.

Dépôt de gerbes par la municipalité sous le regard bienveillant de Marcel Houdart, rescapé du Train de Loos.

Il est 17 h 30 lorsque le Train de Loos quitte la gare de Tourcoing le 1er septembre 1944. Date fatidique. Et train maudit pour ainsi dire. Ou "train de l'horreur"... lequel transporte presque 900 hommes vers une destination inconnue... 453 déportés y laisseront la vie dans leur chair et âme à Sachsenhausen, Kochendorf, Peenemünde ou encore Dachau... On comptera plus d'une centaine de disparus. A tout jamais dans les méandres de la déportation ou lors des "marches de la mort". 
"Tous espéraient retrouver leur liberté" note Anne Voituriez. Dans un discours empreint de réalisme et d'optimisme, la maire de la ville de Loos a lancé "un message de paix" tout en mettant en garde contre "les prophéties du malheur". Pour qu'un tel drame ne se reproduise jamais. "Chaque homme aurait voulu voir grandir son enfant... C'est dans les mots que naissent les idées les plus belles. A nous de tirer les leçons d'Histoire."
Près de 75 ans après la libération des camps nazis, les rescapés se comptent sur le bout des doigts et deviennent des perles rares. A l'image de Jules Montaigne rentré en 1945 (Jules a fêté ses 97 ans le 7 septembre 2018). Né en juin 1924, Marcel Houdart fait également partie du lot des "miraculés". Le survivant témoigne inlassablement auprès des jeunes générations. Une aventure initiée par André Gustin, professeur d'histoire, président du Centre de mémoire de l'abbaye-prison de Loos pendant 19 ans (décédé en novembre 2017). En tout cas une aventure essentielle car, comme le suggère pour la postérité le philosophe Alexis de Tocqueville, "si le passé n'éclaire plus l'avenir, l'esprit marche dans les ténèbres."
   
Texte et photographie, Mickaël Roussel. Septembre 2018.
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Récompense
Salle d'honneur de l'Hôtel de Ville d'Arras
Samedi 14 juillet 2018

La médaille d'or de la Ville d'Arras décernée à Nelly-France Ducatel pour mettre en lumière son engagement dans le devoir de Mémoire 

Ce ne sont pas les médailles qu'elle réclame ! Et pourtant, le maire d'Arras Frédéric Leturque a tenu en marge de la cérémonie du 14 juillet à souligner "le rôle central que joue" Nelly-France Ducatel dans l'accomplissement du devoir de Mémoire. Et pour cause... Nelly-France est née en déportation de parents résistants le 17 juillet 1944 pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est aujourd'hui impliquée dans le monde associatif et témoigne inlassablement auprès des jeunes.
   
Née en déportation, Nelly-France Ducatel s'investit à travers le devoir de Mémoire.

Cette médaille d'or de la Ville d'Arras, Nelly-France Ducatel la partage dans son cœur... entre ses deux chers parents.
Victor Ducatel et Alberte Bailleul se sont mariés à Frévent en mars 1939 à la veille de l'éclatement de la guerre. Ils rejoignent alors les rangs de la Résistance à partir de 1942. Arrêtés en novembre 1943 à Roclincourt, ils seront déportés au titre de la procédure "Nuit et Brouillard".
Victor s'éteindra à Nordhausen, un kommando du camp de Dora. Alberte accouchera en prison à Kreuzburg en juillet 1944. Le destin a voulu  que l'enfant soit une fille... Elle s'appellera Nelly-France Jeanne-Victoire... Parce qu'Alberte croyait en la victoire des Alliés. Toujours est-il que Nelly-France et sa maman survivront à la déportation et retrouveront la France en juillet 1945.
Si cette médaille représente "avec simplicité et force", aux yeux du maire Frédéric Leturque, "l'histoire de beaucoup de gens qui ont vécu la guerre... et qui ne veulent pas que cela revienne", elle récompense le dévouement de Nelly-France Ducatel "dans l'ensemble du travail de Mémoire". Elle préside le Comité départemental des combattants volontaires de la Résistance du Pas-de-Calais et des membres alliés, ainsi que l'Association des déportés, internés et ayant-droits de la résistance d'Arras-Lens et environs. De même, Nelly-France apporte son bouleversant témoignage dans les écoles... Pour ne jamais oublier.
Texte et photographie, Mickaël Roussel. Juillet 2018.

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Vernissage de l'exposition
"Savoir vouloir, le général Delestraint
: du service au sacrifice"
Lundi 18 juin 2018, salle des Gardes de l'Hôtel de Ville d'Arras

Le général Delestraint, une autre figure emblématique de la Résistance

La cérémonie de l'appel du 18 juin, place Foch à Arras, était cette année suivie du vernissage d'une exposition consacrée au général Delestraint (1879-1945) et réalisée par l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG). Retour sur le parcours de ce grand homme natif du Pas-de-Calais, militaire de carrière, résistant et martyr de la déportation pendant la Seconde Guerre mondiale...

L'exposition est constituée de 14 panneaux et retrace la vie exemplaire de Charles Delestraint.

Charles Delestraint voit le jour le 12 mars 1879 à Biache-Saint-Vaast dans le Pas-de-Calais. Nommé capitaine en 1913, le militaire tombe dans une embuscade le 30 août 1914 alors que la guerre contre l'Allemagne est à peine entamée. Le capitaine Delestraint passera le reste de la guerre en captivité... avant sa libération en décembre 1918.                                                                                                                
Commandant en 1927, puis colonel en 1932, général de brigade en 1936, et enfin général de division, il partage la doctrine d'emploi des chars avec le général de Gaulle dont "le parcours a de nombreuses similitudes" comme le rappelle Yves Delrue, adjoint en charge des Affaires patriotiques. Les deux hommes sont Saint-Cyriens et faits prisonniers pendant la Première Guerre mondiale. Ils sont favorables aux mêmes techniques de combat. Et ils incarnent un même esprit de résistance. Celui de résister à l'appel du général de Gaulle et de poursuivre le combat contre l'Allemagne nazie après l'armistice du 22 juin 1940...

"Le général Delestraint était un grand soldat de la trempe du général de Gaulle..., un visionnaire... et un grand résistant " a rappelé Fabien Sudry, préfet du Pas-de-Calais.

"Si nous savons vouloir, la France ressuscitera un jour, elle aussi, du calvaire présent" prédit le général Delestraint durant les heures sombres de notre Histoire. Il rencontre Jean Moulin à Lyon en août 1942 et prend secrètement le surnom de "Vidal" en tant que chef de l'Armée secrète (fusion de groupes paramilitaires). "Vidal" retrouve Jean Moulin à Londres en février 1943. Il retourne en France le mois suivant. Mais entre-temps des arrestations ont eu lieu, et des documents saisis... L'Abwehr (service de renseignements allemands) met la main sur Delestraint/Vidal le 9 juin 1943 au métro La Muette à Paris. Le résistant subit les interrogatoires de la Gestapo mais ne lâche aucune information. En mars 1944, il arrive au camp du Struthof en Alsace dans le cadre de la procédure "Nuit et Brouillard" destinée aux résistants les plus combatifs... Le 4 septembre 1944, le général est transféré à Dachau où il est sauvagement assassiné par les nazis le 19 avril 1945, quelques jours avant que les Américains libèrent le camp. C'est à titre posthume qu'il est fait le 17 novembre 1945 Compagnon de la Libération.
Texte et photographies, Mickaël Roussel. Juin 2018.

- Inauguré en avril 1994, un mémorial honore la mémoire du
général Delestraint à Biache-Saint-Vaast (près de l'église).

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Cérémonie de la Victoire du 8 mai 1945
Mardi 8 mai 2018, Crespin

Jeeps et autres véhicules de la Seconde Guerre mondiale, une parade pour rappeler la Victoire de 1945

Jeeps, Dodge "Command Car", Citroën Traction Avant FFI... étaient de la partie pour commémorer la capitulation allemande ce mardi
8 mai 2018. Un important convoi de véhicules militaires de la Seconde Guerre mondiale a traversé les communes de Saint-Aybert, Thivencelle avant de se détacher en fin de matinée au croisement de Quiévrechain et Crespin. Crespinois et représentants des associations locales ont participé en nombre au défilé patriotique pour exprimer "leur gratitude"
envers les alliés et les résistants qui se sont battus pour enrayer la "folie criminelle des nazis". Le convoi s'est étendu de la rue du Moulin à la rue des Déportés. Un lâcher de pigeons a clôturé la cérémonie sous le regard éveillé des enfants et moins jeunes.

Retour en images sur la cérémonie
Le cortège s'est étiré de la rue du Moulin jusqu'au monument aux morts (1).
Le cortège s'est étiré de la rue du Moulin jusqu'au monument aux morts (1).
Le cortège s'est étiré de la rue du Moulin jusqu'au monument aux morts (2).
Le cortège s'est étiré de la rue du Moulin jusqu'au monument aux morts (2).
Lecture du message de l'UFAC (Union française des associations de combattants et de victimes de guerre)
Lecture du message de l'UFAC (Union française des associations de combattants et de victimes de guerre)
"Le 8 mai 1945, l'Allemagne hitlérienne capitulait sans conditions. La "Liberté" triomphait de la barbarie, mettant fin à toutes les exactions commises par ceux qui rêvaient d'imposer à l'Europe une idéologie totalitaire. Au jour anniversaire de cette victoire, souvenons-nous et rendons hommage à nos morts, à tous ces soldats de la Métropole, d'Outre-mer, des Forces Alliés, dont le sacrifice sur les différents théâtres d'opérations a permis cette victoire qui rétablissait la "Paix" et rendait à la France son indépendance. Honorons la mémoire de toutes celles et tous ceux qui ont été victimes de l'atroce réalité des événements de la Seconde Guerre mondiale : les emprisonnés, torturés et abattus, les victimes civiles, les combattants de toutes armes, les résistants, déportés, fusillés, massacrés, prisonniers, pour leur courage, leur esprit de sacrifice et leur sens du devoir. Associons également à ce jour anniversaire, la mémoire de Jean Moulin, premier Président du Conseil National de la Résistance constitué à l'initiative du général de Gaulle. Parvenu à unifier tous les mouvements de la Résistance française, Jean Moulin en présidait la première réunion, à Paris, le 27 mai 1943. Arrêté le 21 juin à Caluire-et-Cuire dans la banlieue de Lyon, torturé, il mourut le 8 juillet lors de son transfert vers l'Allemagne. Le général de Gaulle lui rendra hommage en ces termes : "Pur et bon compagnon de ceux qui n'avaient foi qu'en la France, il a su mourir héroïquement pour Elle". En cette journée où les Françaises et les Français se souviennent et ont conscience que la Paix et les valeurs humanistes qui sont les leurs sont particulièrement fragiles, ils regrettent que les espérances nées de cette victoire historique du 8 mai 1945 soient bafouées, le monde connaissant encore aujourd'hui, des situations de guerre, de violence et de haine. L'Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre (UFAC), invite donc chacune et chacun, particulièrement les jeunes, à œuvrer pour un monde de Fraternité, de Solidarité et de Paix. Vive la République ! Vive la France !"



Clin d’œil en quelques photographies...










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Journée nationale du souvenir
des victimes et des héros de la déportation
Samedi 28 avril 2018, Bondues

Une manifestation d'hommage aux déportés et à leur famille... pour "la défense de la Liberté et des Droits de l'Homme"

La Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation a été instaurée par la loi du 14 avril 1954. A Bondues, la cérémonie a eu lieu ce 28 avril 2018, soit le samedi précédant le dernier dimanche du mois d'avril voué à la mémoire de tous les déportés sans distinction...
Le défilé patriotique s'est étiré du mémorial jusqu'à la Cour sacrée dans l'enceinte du Fort (photographie ci-dessus), théâtre d'exécutions pendant la Seconde Guerre mondiale (68 patriotes passés par les armes). Un lieu symbolique de souffrances qui en rappelle d'autres. Celles des camps de concentration et d'extermination nazis...

Ancien résistant, Pierre Charret est aujourd'hui vice-président de l'association Souvenir de la Résistance et des Fusillés du Fort de Bondues. Né en décembre 1925 en Haute-Vienne, il a tout juste 17 ans lorsqu'il s'engage dans la Résistance comme FTP. "Comme beaucoup de jeunes", Pierre résiste par patriotisme. Mais aussi contre "les conditions de vie" sous l'occupation allemande. Il rejoindra un maquis dans le sud de l'Indre...  

Photographie ci-contre : Pierre Charret, vice-président du Souvenir de la Résistance et des Fusillés du Fort de Bondues, a lu le message des déportés.
 
MESSAGE DES DÉPORTÉS

"La journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation permet chaque année de remettre en mémoire ce que fut la déportation avec son cortège infernal de trains partis de France entre 1940 et 1944.

Ces trains ont conduit vers les camps de concentration ou d’extermination de l’Allemagne nazie des populations de tous âges et de toutes conditions, victimes de la répression et des persécutions pratiquées par l’occupant nazi avec le concours du régime de collaboration en France.

La journée nationale a aussi pour but de rendre hommage aux victimes et de rappeler l’engagement de celles et ceux qui ont choisi de poursuivre dans la résistance la lutte contre l’ennemi et son idéologie.

Nous pensons avec beaucoup d’émotion à ces disparus, femmes et hommes qui ne sont pas revenus de la tragédie qui a frappé tant de combattants et auxquels nous devons une part de notre liberté.

Leur combat pour le respect de la dignité humaine est particulièrement chargé de sens en cette année du 70ème anniversaire de l’adoption de la déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Le travail de mémoire n’est jamais achevé. L’acharnement des déportés à transmettre a valeur d’exemple et s’explique par la force d’un engagement qui ne tolère ni l’érosion de l’âge ni les difficultés de la vie.

Ce sacrifice, ils veulent le donner en partage aux générations suivantes afin de les inciter à rejeter toute manifestation de haine, inspirée de considérations ethniques, religieuses, culturelles ou nationalistes.

Le message d’aujourd’hui se veut un appel à œuvrer pour un monde de paix dont l’Europe doit demeurer le symbole".

Message rédigé conjointement par :
La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD)
L’Union Nationale des Associations de Déportés, Internés et Familles de disparus – Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (UNADIF – FNDIR)
La Fédération Nationale des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes (FNDIRP)
Avec le concours des Associations de mémoire des camps et de la déportation

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Assemblée générale des Combattants Volontaires
de la Résistance du Pas-de-Calais
Dimanche 8 avril 2018 à Helfaut

Visite guidée sur le site historique de La Coupole
L'assemblée générale du Comité départemental du Pas-de-Calais des Combattants Volontaires de la Résistance et des membres alliés présidé par Nelly-France Ducatel s'est déroulée ce dimanche 8 avril 2018 à La Coupole d'Helfaut. L'occasion de faire le point sur l'année écoulée, d'évoquer les projets de mémoire, et de visiter le site historique...

Née en déportation en juillet 1944, Nelly-France Ducatel préside une association mémorielle et patriotique. Celle des Combattants Volontaires de la Résistance du Pas-de-Calais qui se donne pour but de perpétuer le souvenir de "ceux et celles qui ont pris le risque de combattre l'occupant." Une mission qui lui tient à cœur...
Les parents de Nelly-France (son père s'est éteint à Dora, sa mère est quant à elle rentrée de déportation en 1945) furent en effet des témoins de "la négation de l'homme dans l'univers concentrationnaire nazi". Sujet sur lequel ont travaillé au titre de 2016-2017 collégiens et lycéens dans le cadre du Concours National de la Résistance et de la Déportation. L'édition de cette année a pour intitulé : "S'engager pour libérer la France". Voilà qui devra faire couler de l'encre et déclencher des passions...
René Lesage salue une présence non moins active de Nelly-France dans les cérémonies, hommages, expositions, colloques... "Ça lui permet de conserver sa jeunesse" plaisante le secrétaire du Comité. Le voyage à Buchenwald-Dora du 21 au 24 avril 2017 est encore dans tous les souvenirs.
Dora, n'est-ce pas de là où devaient être acheminées des fusées V2 par chemin de fer jusqu'à Helfaut-Wizernes ?  Nelly-France rappelle d'ailleurs l'intérêt que présente aujourd'hui le site de La Coupole pour "comprendre les enjeux stratégiques de la Seconde Guerre mondiale... jusqu'à la conquête spatiale".

Un site à visiter
Les membres de l'association se sont laissés guidés à travers une visite du site commentée par Laurent Thierry chargé des questions Histoire et Mémoire à La Coupole.
Et l'historien de rappeler le choix, par l'organisation Todt, de Wizernes pour sa carrière de craie. La construction d'un bunker souterrain et d'un dôme de béton remonte en septembre 1943. L'idée était de "procéder à des tirs de V2 à l'extérieur" avec pour cible la ville de Londres distante de moins de 200 kilomètres. Et ce "pour venger les bombardements sur les villes allemandes" explique Laurent Thierry. "Le site devait fonctionner en parfaite autonomie." Mais aucune arme de représailles ne sera lancée...
"Du fait des bombardements alliés [de mars à juillet 1944], le chantier a été ralenti." Pourtant le dôme a résisté à 3 000 tonnes de bombes ! L'évacuation du site est décidée à la fin du mois de juillet 1944 alors que les armées alliées progressent après avoir débarqué en Normandie.   

Autres temps forts de la journée en images











Dépôt de gerbes par l'association et des lycéens de Nœux-les-Mines et Saint-Omer au Mémorial de La Coupole.












Recueillement des porte-drapeaux au Mémorial de La Coupole.

Texte et photographies, Mickaël Roussel. Avril 2018. Toute reproduction interdite.

- Pour rejoindre le Comité départemental du Pas-de-Calais des
Combattants Volontaires de la Résistance, contacter Nelly-France Ducatel
au 03 21 58 12 42.
- La Coupole est aujourd'hui un centre d'histoire et de mémoire. Inauguré en mai 1997, le musée accueille chaque année des visiteurs de tout âge. Ouvert chaque jour. Rue André Clabaux (Mont-à-Car) à Helfaut. Tel : 03 21 12 27 27.
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Cérémonie d'hommage
Fort du Vert Galant à Wambrechies
Samedi 7 avril 2018

Des roses en hommage aux
résistants fusillés du Fort

Le Fort du Vert Galant fut pendant la Seconde Guerre mondiale le théâtre d'exécutions sommaires et arbitraires. D'octobre 1941 à février 1943, 92 résistants ont payé de leur vie le refus de la barbarie en tombant sous les balles allemandes. Ce samedi 7 avril 2018, la cérémonie en hommage aux fusillés prenait "une solennité particulière" avec toutes ces roses déposées au pied de la stèle commémorative. Émouvant...
La rose incarne la beauté, l'amour et l'espérance de vivre. Plus largement dédiée à la vigilance et à la paix, une variété "Résurrection" (créée en 1975 en souvenir de la libération du camp de Ravensbrück) a été plantée derrière la stèle qui honore la mémoire des fusillés du Fort du Vert Galant à Wambrechies. L'érection de la stèle date de mai 2012.

Le message de l'ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance) reflète le caractère exemplaire des résistants de la Seconde Guerre mondiale face à l'oppression nazie. Tous ont fait preuve de "courage". Pour ne pas dire d'héroïsme... Ils sont 92 à mourir "dans ce sanctuaire" (Fort du Vert Galant dont seul la cour côté ouest est préservée) "pour que la France vive libre".
Si l'ANACR appelle à la "vigilance envers notre jeunesse", c'est pour mettre en garde contre les "idéologies criminelles" auxquelles il ne faut de nos jours "rien concéder". L'évocation de l'attentat  dans l'Aude en mars dernier fournit d'ailleurs un exemple récent d'"obscurantisme". Et de résurgence du mal (sous toutes ses formes) comparable à celui du nazisme... Sylvie Daems, présidente de l'ANACR à l'échelon départemental pour le Nord, émet à ce titre "une pensée particulière pour les victimes de Trèbes et de toute la barbarie"...

Un lieu de vie et de mémoire
Le discours final de Daniel Janssens éveille le souvenir des fusillés au Fort du Vert Galant. Le maire de Wambrechies félicite non seulement "une volonté collective de [leur] rendre hommage" et aussi "une fidélité" qui ne se dément pas depuis 1985 quant à la participation commémorative en ce lieu mémoriel. "Nous souhaitons qu'il soit un lieu de vie... symbole de victoire." Celle des démocraties sur les dictatures totalitaires. Celle de la Liberté "contre toutes les intolérances"...
Daniel Janssens suggère enfin le nom d'Yvonne Abbas de La Madeleine, résistante et survivante du camp de Ravensbrück, et dont la disparition en 2014 "a laissé un grand vide".
Pour mémoire... Florent Debels, mari d'Yvonne Abbas, fut fusillé pour faits de résistance d'obédience communiste avec ses camarades Jean Bracq de Caudry et Louis Petit de Denain au crépuscule du 1er juillet 1942 au Fort de Wambrechies. Comme le rappelle Florent, arrière-petit-fils de Louis Petit, "ils sont morts pour notre liberté, ne les oublions pas".

Texte et photographies : Mickaël Roussel, avril 2018. Reproduction interdite.
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Conférence par Rudy Rigaut, doctorant en histoire
Pôle Marine, Studio 43 à Dunkerque
Jeudi 29 mars 2018

"Les Juifs de Dunkerque face à la persécution", une histoire qui reste encore à écrire

Natif de Dunkerque, Rudy Rigaut prépare une thèse d'histoire à l'Université d'Artois à Arras. Ce jeudi 29 mars 2018, le doctorant présentait dans sa ville natale l'avancement de ses recherches au Studio 43. Il était accompagné de Maurice Baran-Marszak, enfant juif caché à Loon-Plage pendant la Seconde Guerre mondiale... 
L'occasion pour l'auditoire d'avoir un éclairage historique sur le sort des Juifs du Dunkerquois en conséquence de la politique discriminatoire nazie.
Rudy Rigaut (à droite) mène des recherches approfondies sur la persécution des Juifs de Dunkerque pendant la Seconde Guerre mondiale. Le doctorant en histoire pose ici au côté de Maurice Baran-Marszark qui, au moment des tragiques événements, a échappé à la déportation raciale vers Auschwitz-Birkenau. Une famille de Loon-Plage a recueilli le petit garçon de 9 ans qu'il était à l'époque. Un geste qui vaudra en 1990 le titre de "Juste parmi les nations" à Georgette Franchois et à ses parents Marcel et Madeleine.
   
L'histoire des Juifs se déroule à Dunkerque en plusieurs phases. Comme le précise Rudy Rigaut, l'année 1940 se veut "un moment décisif" au niveau local. Si l'on compte en effet une centaine de Juifs en 1939, "un seul individu est identifié à l'automne 1940". Pour le comprendre, il convient de remonter le fil du temps en mai 1940. L'historien compare la situation à Lens et celle à Dunkerque pendant l'exode devant l'avancée foudroyante allemande. "Une partie de la population juive a quitté Lens... La quasi totalité de la population juive a quitté Dunkerque." Il s'agit d'"un exode sans retour" puisque les Juifs de la zone littorale se voient interdits de revenir.
A la fin de l'année 1940, "la zone côtière est officiellement vide de Juifs aux yeux des autorités". Pourtant, Rudy a retrouvé le parcours de 79 personnes. Se pose alors une problématique : "y a t-il eu des stratégies de survie ?" Mais la question ne semble "pas pertinente". Qui pouvait d'ailleurs en ce début d'occupation imaginer la suite des événements tragiques ?
La réponse de l'historien est claire. "A chaque étape du processus d'extermination [et de discrimination],les choses se rejouent." Même à Dunkerque, les lois antisémites interdisent les Juifs de fréquenter les cafés et estaminets (entre autres). Pour preuve... Rudy a retrouvé une photographie des archives municipales qui en témoigne.
Plus tragique encore est la déportation de "32 individus nés à Dunkerque ou domiciliés à Dunkerque". Vingt d'entre eux ont été acheminés en train vers Auschwitz. "C'est le cas de Fanny, la maman de Maurice." Fanny Baran née Yerkowsky sera en 1942 sélectionnée pour le travail. Le typhus l'emportera hélas en octobre de la même année... Rudy Rigaut cite enfin Jacqueline Rachi comme étant la seule rescapée de la déportation juive. La survivante faisait partie de "réseaux de résistance"...
La libération de Dunkerque en mai 1945 aura apporté une touche héroïque dans toute cette histoire. La ville est libérée par une brigade tchèque. "Dans celle-ci, des combattants juifs" ajoute Rudy Rigaut. Autant d'espoir pour la postérité...

Texte et photographie : Mickaël Roussel, mars 2018. Reproduction interdite.

- Pour en savoir plus sur la vie de Maurice Baran-Marszak : Histoire d'un enfant caché du Nord. Familles entre amour et silence (1942-1947), Éditions Le Manuscrit, 184 pages, 2014.  
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