Roussel Mickaël Christian  - Bienvenue sur mon site Internet !
Cérémonie à Lille
Lundi 8 mai 2017

72ème anniversaire de la
Victoire du 8 mai 1945
Soixante-douze ans après la capitulation de l'aigle nazi, la Victoire des armées alliées incarne encore celle des démocraties et de la Liberté sur toutes les formes de barbarie... Rendez-vous était donné place Rihour à Lille sur le parvis du monument aux morts  pour la commémoration du 8 mai 1945. C'est sans fausses notes que les élèves des écoles Lavoisier et Boufflers ont entonné une vibrante Marseillaise... 

Au nom des associations patriotiques, Victor Blanquart a lu l'ordre du jour n°9 du général de Lattre de Tassigny.

"Le jour de la Victoire est arrivé.

A Berlin, j’ai la fierté de signer au nom de la France, en votre nom, l’acte solennel de la capitulation de l’Allemagne.

Dignes de la confiance de notre Chef Suprême, le Général de Gaulle, libérateur de notre pays, vous avez, par vos efforts, votre ferveur, votre héroïsme, rendu à la Patrie son rang et sa grandeur.

Fraternellement unis aux soldats de la Résistance, côte à côte avec nos camarades alliés, vous avez taillé en pièces l’ennemi, partout où vous l’avez rencontré.

Vos drapeaux flottent au cœur de l’Allemagne.

Vos victoires marquent les étapes de la Résurrection Française.

De toute mon âme, je vous dis ma gratitude. Vous avez droit à la fierté de vous-même comme à celle de vos exploits.

Gardons pieusement la mémoire de nos morts. Généreux compagnons tombés au Champ d’Honneur, ils ont rejoint dans le sacrifice et la gloire, pour la Rédemption de la France, nos fusillés et nos martyrs.

Célébrons votre victoire : victoire de Mai, victoire radieuse de printemps qui redonne à la France la Jeunesse, le Force et l’Espoir.

Soldats vainqueurs, vos enfants apprendront la nouvelle épopée que vous doit la Patrie."

La lecture du message de l'UFAC (Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre) était confiée à des lycéens :

"Le 8 Mai 1945, l'Allemagne hitlérienne capitulait sans condition.

Au jour anniversaire de cette Victoire, devant chaque Monument aux Morts, unis et rassemblés, les Françaises et les Français se souviennent et rendent hommage à leurs morts, à tous ces soldats de la Métropole, d'Outre-mer, des Forces Alliés, dont le sacrifice sur les différents théâtres d'opérations ont permis cette victoire.

Les Françaises et les Français se souviennent et honorent la mémoire de toutes celles et tous ceux qui ont été victimes de l'atroce réalité des événements de la Seconde Guerre mondiale : les emprisonnés, torturés et abattus, les victimes civiles, les combattants de toutes armes, les
résistants, déportés, fusillés, massacrés, prisonniers, pour leur courage, leur esprit de sacrifice et leur sens du devoir.

Ils ont sacrifié leur vie pour la France, la Paix et la Liberté.

Rendant hommage à toutes les victimes de ces tragédies, les Françaises et les Français, également révoltés par les actes de barbarie perpétrés au cours de ces mois passés, ont pris conscience que la Paix et les valeurs humanistes qui sont les leurs sont particulièrement fragiles.

En ce jour anniversaire où les Françaises et les Français se souviennent, l'Union Française des Associations de Combattants et de Victimes de Guerre (UFAC), invite chacune et chacun, particulièrement les jeunes, à la vigilance et à œuvrer, avec courage et persévérance, pour un monde de fraternité, de solidarité et de paix.

Vive la République !

Vive la France !"

Recueillement solennel devant le monument aux morts, place Rihour à Lille.

Photographie souvenir avec les porte-drapeaux.

Photographies, Mickaël Roussel. Reproduction interdite.
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Conférence, vendredi 5 mai 2017
médiathèque de Wavrans-sur-l'Aa
Les derniers témoins
Pierre Wallon (1923-2015),
un portrait parmi d'autres












Pierre Wallon, résistant déporté pendant la Seconde Guerre mondiale, habitait le village de 
Wavrans-sur-l'Aa près de Lumbres.
Photographie : Mickaël Roussel.

L'association "Wavrans Loisirs et Culture" présidée par Jacques Sommerard organisait, ce vendredi 5 mai 2017 à la médiathèque, une conférence historique pour rendre hommage à Pierre Wallon... dont l'histoire raconte le lourd passé d'un résistant déporté au camp de Sachsenhausen en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale.

Photographie ci-dessous à droite : Mickaël Roussel

"A la demande de Monsieur le Maire et de Monsieur Jacques Sommerard, responsable de la médiathèque municipale, nous avons tenu à rendre hommage à Pierre Wallon. Hommage pour rappeler la mémoire de Pierre, des siens, de ses camarades et de tous les autres. Résistants ou non. Déportés, rentrés ou non..."
Mickaël Roussel

Photographie ci-contre : Jacques Sommerard, responsable de la médiathèque à Wavrans-sur-l'Aa. 













Après une présentation sommaire des portraits des derniers rescapés de la déportation (originaires de la région Nord-Pas-de-Calais), mon exposé rappelait de façon plus étoffée le parcours de Pierre Wallon (figure locale bien connue des Wavranais) qui s'est éteint en décembre 2015. La troisième partie de la conférence se concentrait principalement sur des lectures de ses témoignages.
 
Moment de partage et de convivialité à la médiathèque de Wavrans-sur-l'Aa.

Photographies : mairie de Wavrans-sur-l'Aa (sauf indication contraire).

Retrouvez le portrait de Pierre Wallon et ses témoignages dans le livre Sans oublier nos frères.
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Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation

Cérémonie à Arras
Dimanche 30 avril 2017

La loi du 14 avril 1954 instaure la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation. Chaque année, elle se déroule le dernier dimanche de mai. Retour en images sur la cérémonie du 30 avril 2017 à Arras...

Hommage au Mur des fusillés, haut lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale. 218 patriotes et résistants ont été fusillés dans les fossés de la citadelle d'Arras.


MESSAGE DES DÉPORTÉS

"Comme chaque année ce dernier Dimanche d'avril est consacré à la journée du souvenir des Victimes et Héros de la Déportation.

La tragédie des camps de concentration nazis et le courage de ceux qui ont lutté pour la sauvegarde de la dignité humaine doivent rester présents dans les mémoires.

Il faut, sans relâche, répéter que cette célébration n'est pas uniquement tournée vers l'histoire mais bien vers notre présent et notre avenir.

Lecture au Mur des Fusillés du message des déportés par Nelly-France Ducatel.

La dénonciation du nazisme n'a de sens que si elle accompagne d'un combat acharné, sans la moindre compromission, contre les formes actuelles de résurgence de cette idéologie de mort.

Face à la montée du nationalisme, de la xénophobie, du racisme et de l'antisémitisme, au déchaînement de fanatismes politiques ou religieux et à la fréquente remise en cause des principes du droit et de la démocratie, le message des déportés est d'une brûlante actualité.

Les conflits qui déchirent le Moyen Orient et d'autres parties du monde, les millions de femmes, d'hommes et d'enfants obligés de fuir les lieux de combats, le terrorisme international, les semeurs de haine, la tentation des pays à se replier sur eux mêmes au détriment de l'indispensable solidarité, tous ces éléments requièrent une action commune contre ces dangers qui menacent l'avenir.

La journée du souvenir nous donne l'opportunité afin de donner son plein sens à la devise de la République :

Liberté - Égalité - Fraternité"

(Message rédigé par :
La FNDIR (Fédération nationale des déportés et internés de la Résistance)
La FNDIRP (Fédération nationale des déportés et internés, résistants et patriotes)
La FMD (Fondation pour la mémoire de la déportation)
L'UNADIF (Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus)
Avec la participation d'associations et amicales de camps)










Refrain de La Marseillaise par l'orchestre d'harmonie d'Arras au Mur des Fusillés.







Chant des Partisans par l'orchestre d'harmonie d'Arras au pied de l'Hôtel de Ville.

Dépôts de gerbes devant la stèle de la Résistance (on reconnaît ici le préfet Fabien Sudry et le maire Frédéric Leturque).
Photographies : Mickaël Roussel. Reproduction interdite.
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Hommage à Meyer Hubschman et Oscar Marchant
Jeudi 28 avril 2017
Salle de l'Hôtel de Ville, Cambrai

Ce jeudi 28 avril 2017, la municipalité de Cambrai a accueilli à la salle de l'Hôtel de Ville près de 200 élèves des collèges de Cambrai et des alentours et leurs professeurs d'histoire-géographie dans le cadre d'un hommage aux victimes de la déportation.
Jeannette Rapopport, fille de Meyer Hubschman, a retracé le parcours de son père décédé en déportation au camp de Gusen en février 1945. Dans un dernier temps, la diffusion d'un enregistrement vidéo (réalisé en janvier 2016 au collège Fénelon à Cambrai) a rendu hommage à Oscar Marchant, rescapé du "Train de Loos" qui s'est éteint en janvier 2017. Les collégiens se sont montrés particulièrement attentifs... 

Jeannette Rapopport, fille de Meyer Hubschman, était âgée de 2 ans au moment de la déclaration de guerre en septembre 1939. Photographie : Mickaël Roussel.

L'histoire de Meyer Hubschman
Meyer Hubschman a été déporté parce qu'il est né Juif. Il n'a pas échappé tout d'abord aux lois anti-juives promulguées sous le régime de Vichy : obligation du recensement, aryanisation des biens juifs... "Mon père, marchand forrain, a vu toutes ses marchandises confisquées" raconte Jeannette Rapopport.
Dépouillés de tout, les Juifs se doivent de porter l'étoile jaune à partir du 1er juillet 1942. Ce que refuse Meyer Hubschman.... Une notification datée de décembre 1942 l'oblige à quitter l'agglomération de Dunkerque. Avec son épouse et sa fille, il trouve protection et solidarité à Cambrai auprès de la famille Puche. Mais un jour de juin 1944, un SS appréhende Meyer et Jeannette. La fille parvient à se sauver...
Le 17 août 1944, le dernier convoi de déportés juifs quitte Drancy (banlieue nord de Paris). A son bord, Meyer Hubschman... "Mon père a survécu à l'enfer d'Auschwitz pendant plus de cinq mois." Mais pas à celui de Gusen (camp auxiliaire de Mauthausen en Autriche) où décède Meyer 9 jours après son arrivée. Une stèle à Cambrai, érigée en avril 2013, perpétue la mémoire de Meyer Hubschman, et de tous les déportés et victimes de l’Holocauste nazi. Pour ne jamais oublier...

Stèle et plaque à la mémoire de Meyer Hubschman, de tous les déportés et victimes de l'Holocauste nazi (Cambrai, place de la République). Photographie : Mickaël Roussel.

Oscar Marchant, In Memoriam
Oscar Marchant voit le jour le 6 septembre 1923 à Haussy. Sous l'Occupation, il rejoint la Résistance au sein des FTP. Dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1944, Oscar et ses compagnons sont pris "les armes à la main" près du champ d'aviation de Niergnies. "Deux de mes camarades sont tués sur le coup." 

Oscar Marchant en avril 2014 à Haussy lors de la Journée nationale de la déportation.
Photographie : Jean-François Ménard. Reproduction interdite.

Déporté par le "Train de Loos", Oscar Marchant arrive au camp de Sachsenhausen le 7 septembre 1944. Le matricule 97771 décharge des briques, épluche légumes et pommes de terre aux cuisines. En janvier 1945, un transfert par les rails au camp de Mauthausen en Autriche scelle la dernière étape. Oscar se doit de participer avec d'autres prisonniers à la construction d'une ligne de chemin de fer. Libéré en avril 1945, il est rapatrié en France via la Suisse. Après la guerre, il gagne sa vie dans la restauration. Oscar Marchant a laissé des témoignages bouleversants pour la postérité. Pour que vive la Mémoire.
Texte : Mickaël Roussel, avril 2017.
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Conférence, mardi 25 avril 2017 
Foyer Omer Caron,  Loos-en-Gohelle
"La guerre, c'est quelque chose d'épouvantable à éradiquer"(Lili Leignel)

Lili Leignel a été déportée avec sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale alors qu'elle n'avait seulement 11 ans. Pour le seul motif qu'elle était juive comme tant d'autres innocents...
Ce mardi 25 avril 2017, la rescapée aujourd'hui âgée de 84 ans donnait une conférence au foyer Omer Caron à Loos-en-Gohelle. Elle en appelle  à la vigilance à tous. Petits et grands...

Lili Leignel lors de son intervention au foyer Omer Caron à Loos-en-Gohelle.

Lorsque Lili Leignel raconte son histoire, c'est aussi celle de toute sa famille : le père Joseph Rosenberg, la mère Charlotte Keller, les deux petits frères, Robert et André (respectivement âgés de 9 et 3 ans à l'époque tragique des faits). L'aînée, Lili venait tout juste d'avoir 11 ans quand elle a été arrêtée avec les siens à Roubaix le 27 octobre 1943. "Cette date reste imprégnée dans ma mémoire à tout jamais" confie Lili. Et d'énumérer en détail l'arrivée fracassante de la Feldgendarmerie. "Schnell* !" crient des "soldats effrayants".                                                                                      *Traduction : "Vite !"
Un camion emmène les enfants et leurs parents vers la prison de Loos-lès-Lille. Une captivité de plusieurs jours commence pour se prolonger à la prison de Saint Gilles à Bruxelles puis à la caserne Dossin à Malines en Belgique, plaque tournante de la déportation raciale. Avant-dernière étape d'un cheminement plus horrible encore. Destination Ravensbrück pour la maman et les chérubins. Le papa est lui transféré à Buchenwald où il est assassiné par les nazis quelques jours avant la libération du camp par les Américains en avril 1945...
Lili Leignel vit un long calvaire au camp de Ravensbrück. Pour ainsi dire l'enfer. "Nobles ou ouvriers, riches ou pauvres, tous subissent le même sort cruel". Une cruauté partagée qui se veut répétitive du matin au soir : lever à 3 heures 30 après une nuit parfois sans sommeil, semblant de toilette à l'eau froide au Waschraum, ersatz de café accompagné d'un morceau de pain en guise de petit-déjeuner, heures d'appel interminables en été comme en hiver... Le surnom de la "petite Sibérie" à Ravensbrück se justifie d'ailleurs par des températures descendant jusqu'à - 30°C ! Quant à la nourriture, à savoir soupes de rutabagas le midi et pain noir le soir, elle s'avère insuffisante et de piètre qualité.
A ces conditions de vie inhumaines s'ajoutent les difficultés liées au travail forcé. En fait de l'esclavagisme au point de faire souffrir la maman physiquement et surtout moralement"... Les enfants, eux, vivent "comme des ombres". Après ce long passage à Ravensbrück, Lili, Robert, André et leur mère sont transférés au camp de Bergen-Belsen, véritable mouroir. "C'est un endroit plus sinistre que Ravensbrück. Nous couchions à même le sol. Dans le Block, tout autour, gisent des personnes décédées ou très malades." Une épidémie s'étant déclarée...
Le 15 avril 1945, les Britanniques délivrent Bergen-Belsen. Lili, Robert et André regagnent la France et passent à Paris à l'hôtel Lutetia, centre d'accueil de déportés. "Nous étions libres mais tristes rapporte Lili Leignel. Nous avions quitté maman dans un état désespéré. Et nous étions sans nouvelles de papa." Après avoir été recueillis par une une tante habitant les Deux Sèvres, les enfants sont alors pris en charge dans un préventorium. Le retour inespéré de leur mère qui ne pèse plus que 27 kilos leur redonnera du sens dans la vie...
Au-delà des remords et du chagrin, Lili Leignel reçoit aujourd'hui des lettres, des dessins expressifs de la part de petits enfants. Cela l'aide à transmettre la Mémoire auprès des générations successives. Et de conclure avec force et conviction : "Ayez le courage de réagir. Il faut combattre le racisme, l'antisémitisme, la xénophobie, la haine. J'ai foi en les jeunes." Et de terminer en chansons sur des airs de berceuse...
Texte et photographie : Mickaël Roussel, avril 2017.
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Nœux-les-Mines : 37ème assemblée générale des
Combattants Volontaires de la Résistance du Pas-de-Calais
"Notre devoir est de commémorer le sacrifice de ces femmes et ces hommes" (Nelly-France Ducatel)

Les Combattants Volontaires de la Résistance du
Pas-de-Calais (CVR 62) ont tenu leur assemblée générale ce dimanche 2 avril 2017 à Nœux-les-Mines. L'association présidée par Nelly-France Ducatel s'est réunie à la salle de l'Hôtel de Ville.

Phototagraphie ci-dessus : Alain Triquet, trésorier (à gauche), Nelly-France Ducatel, présidente (au micro), René Lesage, secrétaire (à droite) entourent ici Serge Marcellak, maire de Nœux-les-Mines.

Photographie ci-dessous : L'association a offert en remerciement une assiette en porcelaine au maire Serge Marcellak.

Dans son mot de bienvenue, le maire Serge Marcellak a souligné le mérite de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale tout en rappelant le "rôle essentiel" que jouent les associations patriotiques à travers le "devoir de Mémoire". A l'image des Combattants Volontaires du Pas-de-Calais qui œuvrent pour le souvenir des sacrifiés de la Liberté et de la Paix. "Sans la Résistance... où serions-nous aujourd'hui ?" s'interroge Serge Marcellak.
Et de mettre à l'honneur Marcel Houdart, natif de Nœux-les-Mines, et qui "a payé cher de ses actes héroïques". Son engagement dans la Résistance lui coûtera son arrestation en juin 1944 puis sa déportation par le "Train de Loos" le 1er septembre 1944 au départ de la gare de Tourcoing vers le terrible camp de Sachsenhausen en Allemagne. Au péril de sa vie... 

Nelly-France Ducatel a un parcours tout aussi chaotique. Pour ne pas dire atypique puisqu'elle est née de parents résistants (le papa s'éteint au camp de Nordhausen mais la maman rentre de déportation en 1945). Nelly-France a vu elle-même le jour en déportation en juillet 1944. Une naissance qui tient presque du miracle...
L'association qu'elle préside aujourd'hui depuis plusieurs années se veut de perpétuer la mémoire de tous ces hommes et femmes ayant combattu au sein de la Résistance. A l'instar de Raymonde Ragnault-Déclémy, internée à la prison Saint-Nicaise à Arras pour avoir aidé un agent de renseignement du colonel Rémy, décédée à l'âge de 91 ans en septembre dernier.

Un autre cheval de bataille est celui du concours de la Résistance et de la Déportation. Le thème de l'année scolaire 2016-2017 porte sur "La négation de l'homme dans l'univers concentrationnaire nazi". Vaste sujet sur lequel ont planché les collégiens et lycéens...
De même, l'association entreprend des actions de Mémoire par le biais de témoignages, expositions, colloques et journées d'études. Elle soutient des projets de publication comme le Dictionnaire des déportés de Dora et dont la parution placée "sous l'égide" de La Coupole (Centre d'Histoire et de Mémoire du Nord-Pas-de-Calais) pourrait ainsi aboutir en 2020... 

Avant la cérémonie au monument aux morts, René Lesage a présenté un exposé historique sur la Résistance dans le pays de Nœux-les-Mines pendant la Seconde Guerre mondiale. Et de conclure qu'"après le temps de la guerre, vient le temps de la Mémoire". Il s'agit d'une "Mémoire essentielle mais compliquée". Une Mémoire à la fois plurielle et universelle. Celle des fusillés. Celle des déportés non rentrés ou rentrés qui est aussi "celle avec les témoins, les enseignants et les associations locales".

Texte et photographies : Mickaël Roussel / avril 2017.
Reproduction interdite. 

Retour en images sur la cérémonie au monument aux morts
(pour lire les légendes, passez votre souris sur les vignettes)
















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Conférence, samedi 28 janvier 2017
Médiathèque Elie Wiesel, Béthune
Les derniers témoins
Une histoire de la déportation depuis le Nord de la France


Une conférence était programmée le samedi 28 janvier 2017 à la médiathèque Elie Wiesel à Béthune. L’exposé a rappelé les grandes phases de la déportation depuis le Nord de la France, et présenté les portraits des derniers témoins. Une lecture de plusieurs témoignages a également été proposée.

Salle comble à la médiathèque Elie Wiesel de Béthune. Amateurs d'histoire et passeurs de mémoire ont répondu présent !

Message introductif
"En ce 27 janvier était commémoré le souvenir de l'Holocauste avec le 72ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. La Mémoire ne saurait oublier ces hommes, femmes et enfants juifs et tziganes que les nazis ont expédiés à la mort dans des camps d'extermination. Tous victimes d'un système destructeur et d'une idéologie horrible.
Nous sommes aujourd'hui rassemblés à Béthune à la médiathèque Elie Wiesel. Elle porte le nom d'un personnage que j'admire. Elie Wiesel avait survécu à la Shoah. Le prix Nobel de la Paix lui avait été décerné en 1986.
Je ne vais pas m'éterniser sur l'histoire de la commune de Béthune sous l'Occupation allemande.
Mais je rappellerai la mémoire de la famille Delestrez qui s'est risquée à cacher des enfants juifs de 11 et 10 ans sous la nappe d'une table à manger, ou derrière une armoire ou encore dans un sac à pommes de terre. J'évoquerai également la mémoire d'Alice Legras qui a recueilli dans son magasin de confection à Béthune une petite fille juive âgée de 3 ans.
Une plaque inaugurée en 2016 rend hommage dans la rue des Martyrs à ces Justes parmi les nations.
Je remercie au passage le personnel de la médiathèque et du Furet du Nord pour la co-organisation de cette conférence. Je salue la présence de
Nelly-France Ducatel, née de parents résistants en déportation. Je vous remercie de votre présence, Mesdames, Messieurs..."

Un peu d'histoire
Carte des principaux camps nazis pendant la Seconde Guerre mondiale (vers 1943).
Réalisation : Fondation pour la mémoire de la déportation (FMD). Reproduction interdite.


En Allemagne, les premiers camps de concentration sont crées dès 1933 et enferment tout d'abord les opposants politiques. La toile d'araignée se tisse avec le déclenchement de la guerre en 1939. En Alsace annexée, le camp du Struthof ouvre ses portes en juin 1941. Une politique meurtrière programme la mise à mort des Juifs d'Europe dans des camps d'extermination situés à l'est. Des hôpitaux psychiatriques servent de centres d’euthanasie. Handicapés physiques et mentaux sont assassinés par gaz.
A partir de l'année 1942, le conflit s'enlise. L'exploitation de force de milliers de déportés obéit aux besoins de la production de guerre allemande. Une multitude de camps satellites, les kommandos, alimente les besoins du Reich. La grande industrie recourt parfois jusqu'à la mort à une main-d’œuvre peu coûteuse.
La libération des camps nazis en 1945 se révèle un choc traumatique pour les armées alliées à la vue d'amoncellements de cadavres nus et squelettiques. Parmi les nombreuses vies anéanties, des hommes et des femmes ne se relèveront jamais. Environ 2 000 déportés de répression originaires du Nord-Pas-de-Calais meurent des suites de mauvaises de vie dans les camps de concentration. Une grande majorité des déportés raciaux (1 800 Juifs et Tsiganes) périssent dans les chambres à gaz. Une vaste question se pose... Comment une telle catastrophe humanitaire a-t-elle été rendue possible ?
Le témoignage des derniers témoins de la déportation nous apporte la lumière...

"Les martyrs ont été jusqu'au bout de la souffrance.
Nous leur devons d'aller jusqu'au bout de la vérité"
                                                                       Georges Bernanos (1888-1948)

Portrait
Nelly-France Ducatel voit le jour en déportation un jour d'été 1944 à la forteresse de Kreuzburg (aujourd'hui localité polonaise; en polonais Kluczbork).
Nelly-France est née de parents résistants. Pendant la période de l'occupation allemande, Victor et Alberte Ducatel tiennent un petit café à Roclincourt près d'Arras et rejoignent les rangs de la Résistance dès 1942. Ils cachent des postes-émetteurs. Un atelier sert discrétement de planque. Mais le 18 novembre 1943, la Gestapo opère une perquisition et appréhende les deux résistants. Les tourtereaux sont déportés selon la procédure "Nuit et Brouillard".
Victor s'éteint à Nordhausen, un kommando du camp de Dora. Enceinte, Alberte  vit l'enfer de plusieurs prisons (Loos, Bruxelles, Essen, Kreuzburg) avant d'accoucher clandestinement. Le 17 juillet de l'année 1944, une co-détenue * arrêtée à Arras, coupe le cordon ombilical. Après la guerre, Alberte Ducatel se marie en secondes noces en 1951 à Arras.
Aujourd'hui, Nelly-France préside au niveau départemental pour le
Pas-de-Calais des associations de mémoire (Combattants Volontaires de la Résistance du Pas-de-Calais; Déportés et Internés et Ayants droit de la Résistance).

* Alberte Ducatel nomme dans un enregistrement vidéo Madame Robert, décédée en déportation en 1945.
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Découvrez toute l'histoire de Nelly-France Ducatel dans le livre Sans oublier nos frères. 
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Que la splendeur de l'église Saint-Sauveur
vous apporte du bonheur dans votre cœur...
Meilleurs vœux pour la nouvelle année 2017 !

Cliquez pour faire agrandir.
Photographies : Mickaël Roussel. Reproduction interdite.
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Salon du livre d'histoire et de patrimoine
Samedi 26 & Dimanche 27 novembre 2016, Tourcoing
Rencontre culturelle avec des auteurs

Des livres comme s'il en pleuvait !
Sélection :

Le témoignage de Camille Taccoen plonge le lecteur dans les années noires de la Seconde Guerre mondiale à Cassel et environs, et rend compte de l'état d'esprit général qui règne à l'époque (les massacres en mai 1940 à Wormhout, les problèmes du ravitaillement, le marché noir, la résistance à l'occupant, les joies de la Libération et aussi ses douleurs...).

Le témoin, un ancien instituteur, décrit une facette de la vie pendant l'Occupation sous un angle différent. Et plus particulièrement celui du milieu scolaire...

Camille Taccoen, Jacques Messiant, L'Occupation à Cassel (1940-1945), juin 2011


Le livre L'Occupation à Cassel (1940-1945) est disponible auprès de Jacques Messiant, auteur de plusieurs ouvrages. Courriel : j.messiant@wanadoo.fr
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Conférence, dimanche 6 novembre 2016
Musée de la Résistance de Bondues
La déportation depuis le Nord de la France


La parution en septembre 2016 aux Éditions Sutton de mon ouvrage Sans oublier nos frères. Mémoires de déportés du Nord-Pas-de-Calais a couronné plusieurs années de recherche. A cette occasion, une conférence était programmée le dimanche 6 novembre 2016 à Bondues au musée de la Résistance, lieu de mémoire (68 patriotes fusillés sous l'Occupation).
Mickaël Roussel, 6 novembre 2016.
Photographies : musée de la Résistance, Bondues. Reproduction interdite.

L'exposé historique a évoqué la déportation depuis le Nord de la France pendant la Seconde Guerre mondiale, et était suivi d'un échange sur la Mémoire. Le témoignage de rescapés, dont celui de Jules Montaigne, a retenu l'attention de l'auditoire...



Portrait
Jules Montaigne, né le 7 septembre 1921 à Wasquehal, a été déporté par le " Train de Loos " au camp de Sachsenhausen en Allemagne, puis transféré à Peenemünde, base d'expérimentation des armes secrètes d'Hitler (V1, V2) située au nord de l'île d'Usedom en Allemagne septentrionale.
Dans un témoignage, il décrit son arrivée au camp de Sachsenhausen :
" A notre arrivée, chassés des wagons à grands coups de botte, nous sommes mis en rang sur le quai de la gare. J'avais autour du cou un essuie-mains en guise de foulard. Un SS me l'arrache et me lance un coup de poing en pleine figure. Je me dis : C'est le hors-d’œuvre ! Voici qu'apparaît l'entrée du camp de Sachsenhausen : grande bâtisse surmontée d'un toit. Au centre, une horloge. Sur la grille, nous lisons Arbeit macht frei. Les lourdes grilles de fer se ferment derrière nous. C'en est fini de notre liberté ! Le camp est entouré de miradors et de fils de fer barbelés et électrifiés. Les baraques sont groupées en rayon autour du demi-cercle de la place d'appel. Dans le fond, la cheminée du four crématoire. Devant les baraques, des parterres de fleurs bien entretenu mais les visages sont ravinés et hagards. On nous emmène dans différents bureaux où nous devons décliner nom, profession, religion. Puis, nous sommes déshabillés, douchés, tondus, fouillés. Tout signe extérieur, symbole de statut social, est éliminé. Dépouillés de nos vêtements, nous ne sommes plus que des corps nus, apparemment sans âme, ni personnalité. Nous ne sommes plus que des Stück, repérés par un matricule; le mien porte le numéro 97965. En fait, tout est organisé d'une manière scientifique. Il s'agit d'avilir l'homme dans sa dignité avant d'atteindre son être proprement dit. A chacun, on nous remet un pantalon, un gilet et un veston. Nous resterons pieds nus pendant 40 jours. "
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Retrouvez d'autres témoignages dans le livre Sans oublier nos frères.
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Tel : 06 05 16 91 39


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